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Prix CNS-RAMEDE CI 2025 : Elvis Gouza récompensé pour son enquête qui offre une alternative concrète au travail des enfants dans le cacao

Lauréat de l’édition 2025 du Prix sectoriel CNS-RAMEDE CI pour la lutte contre le Travail des Enfants, Elvis Gouza, journaliste environnementaliste à Linfodrome, s’est distingué grâce à une enquête de terrain percutante sur une solution communautaire innovante visant à protéger les enfants dans la filière cacao. À travers son enquête intitulé « Travail des enfants dans le cacao : les groupes de services communautaires, une alternative au travail des enfants », il met en lumière une initiative efficace et innovante qui redonne aux enfants toute leur place à l’école. Entretien.

 

Pouvez-vous nous présenter le reportage qui vous a valu ce prix ?

 

Je suis Elvis Gouza, journaliste à Linfodrome, et je suis honoré d’avoir remporté le prix CNS-RAMEDE CI pour la lutte contre le Travail des Enfants.

Mon travail est une enquête de terrain consacrée aux Groupes de Services Communautaires (GSC), une initiative soutenue par la Fondation ICI.

 

Ces groupes sont composés d’adultes formés et équipés pour effectuer les travaux agricoles dans les plantations de cacao à savoir le désherbage, le transport de produits phytosanitaires, cabossage ou le port de charges lourdes, afin d’éviter que ces tâches pénibles ne soient confiées aux enfants. L’objectif de cette initiative est simple : remplacer la main-d’œuvre infantile par une main-d’œuvre adulte qualifiée, pour permettre aux enfants d’aller à l’école.

 

J’ai mené cette enquête dans plusieurs localités, notamment à Biakou, dans la sous-préfecture d’Ouaragahio (département de Gagnoa), ainsi que dans un village de la sous-préfecture de Guitry. En échangeant avec les communautés, j’ai constaté que ces services sont proposés à des coûts accessibles, ce qui encourage les producteurs à faire appel aux GSC plutôt qu’aux enfants.

 

Cette solution a déjà contribué à réduire significativement le phénomène du travail des enfants dans ces zones. C’est cette réalité que j’ai voulu documenter.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ce thème ?

 

En tant que journaliste environnementaliste, je m’intéresse aux questions liées à l’agriculture durable. Or, la lutte contre le travail des enfants fait pleinement partie de cette dynamique.

 

Une agriculture durable ne doit pas compromettre l’avenir des ressources naturelles, mais aussi celui des ressources humaines. Exploiter les enfants dans les champs, c’est hypothéquer leur avenir et celui du pays.

 

Après avoir réalisé des enquêtes sur les forêts et les mangroves, il m’a semblé essentiel d’aborder cette dimension sociale de l’agriculture. Ce sujet s’est donc imposé naturellement.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux populations dans le cadre de la sensibilisation contre le travail des enfants ?

 

Le café et le cacao constituent des piliers majeurs de l’économie ivoirienne. Mais cette richesse ne doit jamais se construire au détriment des enfants. Envoyer un enfant au champ plutôt qu’à l’école, c’est compromettre ses chances de réussite et, à long terme, l’avenir même de la communauté. L’éducation reste la meilleure garantie d’un développement durable.

 

J’invite donc les producteurs à privilégier les Groupes de Services Communautaires pour leurs travaux agricoles et à maintenir les enfants sur le chemin de l’école. C’est un investissement pour demain.

 

Avez-vous un message à adresser à Madame Dominique Ouattara, initiatrice de ce prix ?

 

C’est la première fois que je réalise une production sur cette thématique, et c’est aussi mon premier prix. C’est une grande fierté pour moi.

 

Je tiens à remercier Dieu, mais également Madame Dominique Ouattara. À Linfodrome, nous l’appelons affectueusement « Maman », pour son soutien constant au monde des médias et pour ses actions sociales. Merci pour cette reconnaissance et pour votre engagement indéfectible en faveur de la protection des enfants. Cette distinction nous encourage, nous journalistes, à poursuivre notre mission de sensibilisation.